02
mai 11

Par Novembre

Mort de Ben Laden : un argument de campagne ?

 

C’est terminé. Après près de dix années de traque, le chef du réseau jihadiste al-Qaïda, Oussama ben Laden est enfin officiellement déclaré mort. Rendu responsable d’un terrorisme brutal de masse depuis 1998, date à laquelle il écopa de son premier mandat d’arrêt international, ce riche héritier d’une famille d’Arabie Saoudite fut notamment considéré comme le principal commanditaire des attentats du 11/9 2001 qui firent plus de trois mille morts.

 

Ben Laden, c’est l’ennemi public numéro 1 de ce début de millénaire, l’homme qui symboliquement aura marqué le plus cette première décennie. Chacune de ses apparitions vidéos ou sonores ont été scrutées, analysées, authentifiées (ou non) par des spécialistes des hautes instances américaines. Il est l’homme au dizaines de vies, déclaré mort de nombreuses fois, et ressuscité à travers de nombreuses vidéos passées en boucles sur Al-Jazeera, aussitôt. En novembre 2007, l’ex-Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto le déclare mort. Elle trépasse un mois plus tard, victime d’un attentat dirigé, après être sortie vivante de plusieurs autres depuis sa déclaration télévisée.

 

La question que je me pose aujourd’hui tourne irrémédiablement autour de la date de mort de Ben Laden. Une dépêche de l’AFP indique en effet que l’US Army connaissait la position de Ben Laden (une luxueuse résidence située à 80km d’Islamabad, capitale du Pakistan) depuis le mois d’août 2010. Pourquoi ne pas intervenir tout de suite ? La résidence dans laquelle se trouvait alors le chef d’al-Qaïda n’avait rien d’un massif montagneux cerné de tunnels et cachettes diverses, comme lors des prétendues frappes chirurgicales qui ont touché l’Afghanistan pendant des années, dans le but seul de la mort de Ben Laden et de nombreux talibans. Si on estime que l’attaque d’hier a fait plusieurs mort, dont un des fils Ben Laden, et deux de ses messagers, sans faire un seul blessé côté américain, sur un raid qui n’a duré qu’une quarantaine de minutes, c’est donc neuf mois de vie qui ont été offerts au terroriste le plus recherché de tous les temps.

 

Naturellement, je ne peux m’empêcher de me réjouir de l’assassinat d’un terroriste par la plus grande armée du monde, un guet-apens minutieux qui aura nécessité près de 3650 jours de traque acharnée dans les montagnes arabo-orientales. Cependant, la mort de Ben Laden est une chimère dont on ne sera jamais sûr à mon sens. En effet, son corps a déjà été immergé en mer, selon la tradition musulmane, dit l’AFP, et une photo montrant sa dépouille, diffusées par des chaines pakistanaises, ont déjà été reconnues comme fausses.

 

Pourquoi avoir attendu ? Pourquoi s’être tant rapproché de cette année 2012, date charnière pour la carrière politique de Barack Obama, émérite prix Nobel de la paix, qui a tenu a annoncé lui-même officiellement la mort du leader d’al-Qaïda ? Avec cette victoire sur la force terroriste, Obama sera considéré comme un messi, un héros national, comme le soulagement qui vient après dix années de deuil. Seulement, la vérité, toute la vérité, a-t-elle été dite ?



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